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Vos
historiens vous disent qu'Augustodunum a été fondé
par l'empereur Auguste. C'EST FAUX ! Il n'y a aucune preuve
qui puisse justifier une telle affirmation. De même que le sénat
romain a accordé à Octave le qualificatif réservé
à la Divinité, de même les Eduens ont consacré
leur hauteur sacrée à la divinité auguste
du ciel.
On vous dit que les remparts de votre Ville ont
été élevés par ledit empereur au Ier siècle
de notre ère. C'EST FAUX ! ils ne sont pas antérieurs
au IIIème siècle, de l'avis même des archéologues.
En s'appuyant sur une charte mal traduite, on
vous dit que votre cathédrale Saint-Lazare daterait du XIIème
siècle. C'EST FAUX ! La charte dont il s'agit ne parle
que de la remise en état du porche. Votre cathédrale est
bien plus ancienne.
On vous dit que votre théâtre a été
construit pour des Romains, par des Romains. C'EST FAUX !
Il n'y a, là encore, aucune preuve. Votre théâtre est
le vestige normal d'une cité éduenne rayonnante dans lequel
se rassemblaient les citoyens pour débattre des affaires publiques.
On vous dit que votre Ville a été
fondée par ces colonisateurs pour vous faire oublier le souvenir
de Bibracte. C'EST FAUX ! Ce sont les Eduens qui en sont à
l'origine; ils ont fait d'Autun une autre Rome.
On vous dit que Bibracte se trouve au mont
Beuvray. C'EST FAUX ! Les trois cents millions de centimes
dépensés, chaque année, aux frais du contribuable,
pour des fouilles on ne peut plus décevantes, n'ont pas apporté
aux archéologues la preuve qu'ils espéraient. En réalité,
le mont Beuvray n'est que le site de Gorgobina où Jules César
installa les Boïens après la victoire qu'il remporta sur eux
et sur les Helvètes. Les Commentaires du général
romain, les vestiges boïens découverts par Déchelette
au début de ce siècle, la logique militaire le prouvent.
Jacques-Gabriel Bulliot justifiait jadis sa thèse
de Bibracte au mont Beuvray en situant le lieu de la bataille de César
contre les Helvètes à Montmort.
C'EST FAUX !
Les fouilles menées par les archéologues suisses se sont
révélées négatives. Après l'écroulement
de cette hypothèse - et c'est là le scandale - les archéologues
qui gravitent autour du mont Beuvray n'en proposent pas d'autres.
Ces historiens-archéologues s'appuient
toujours sur la traduction des Commentaires par Constans
- et c'est là un autre scandale - car cet universitaire a manifestement
falsifié sa traduction, en 1926, pour la faire coller
aux thèses erronées du Second Empire.
Et pourtant, les textes ne pouvaient pas être
plus clairs et plus détaillés. La bataille entre les Romains
et les Helvètes s'est déroulée au pied de la colline
de Sanvignes. César et les Helvètes avaient fait demi-tour
et se dirigeaient vers le Mont-Saint-Vincent... Bibracte... qui ne se trouvait
- écrit César - qu'à 27 km de son camp.
On vous dit (parce que cela dérange) que
les écrits du Grec Strabon comportent des erreurs. C'EST
FAUX ! Strabon dit textuellement que la forteresse de Bibracte se dressait
entre le Dubis (Dubos > Dubina > Düenne > la Dheune: cf. Norbert Guinot,
linguiste, La bataille de Bibracte, page 93) et l'Arar (la Saône),
et il précise même que le territoire arverne touchait à
celui des Mandubiens d'Alésia, ce qui plaçait donc - avant
l'arrivée de César - le mont Beuvray en territoire arverne.
Les inconditionnels du mont Beuvray se retranchent
sur le fait qu'aucun vestige archéologique n'aurait été
trouvé sur le Mont-Saint-Vincent. C'EST FAUX ! La région
- jusqu'à la Saône - est beaucoup plus riche en vestiges intéressants
que celle du mont Beuvray. Et l'historien-archéologue Henri Parriat
va même jusqu'à reconnaître dans sa notice de 1976 que
jamais fouille n'y a jamais été entreprise (au Mont-Saint-Vincent)...
que les prodigieuses murailles cyclopéennes ne sont pas sans rappeler
les grandes enceintes fortifiées des âges du Bronze et du
Fer... qu'il n'est pas croyable que l'homme de ces époques lointaines
n'ait pas songé à utiliser les admirables possibilités
défensives du site.
Lorsqu'au bout de six mois, M. Douste-Blazy, Ministre
de la Culture, n'a toujours pas répondu à la question que
lui a posée par écrit, le 13/01/97, M. le député
Beaumont, concernant - je cite - "le bilan des fouilles menées
au mont Beuvray et les conclusions dégagées par les experts",
n'est-ce pas là l'illustration flagrante de la démission
de l'homme politique - au plus haut niveau - face à une technostructure
dont un des principaux soucis est de demander des crédits et de
défendre une profession?
Lorsque les archéologues et historiens
qui gravitent autour du mont Beuvray, et ceux qui couvrent leurs errements,
se refusent à prendre en considération les ouvrages pourtant
très argumentés de l'ancien officier de carrière,
E. Mourey (pseudonyme Jean) sur Bibracte et Gergovie (ces ouvrages se trouvent
en librairie), lorsque la Société éduenne n'entend
pas - je cite le journal de S.-et-L. du 3/3/94 - inviter cet
auteur, préférant des historiens au profil scientifiquement
plus rigoureux à l'image de MM. Goudineau et Peyre, n'est-ce
pas là une curieuse conception du débat culturel? Lorsque,
dans ce même article, ce journal se satisfait, pour contrer cet auteur,
d'un seul argument, à savoir - je cite - qu'il n'aurait pas donné
le nom gaulois du mont Beuvray, alors qu'il en a donné deux
depuis, n'y aurait-il pas, là aussi, une volonté délibérée
d'étouffer "l'affaire"?
En effet, si M. Christian Goudineau se réfère
aux travaux de Bulliot et de la Société éduenne, cette
société, aujourd'hui, s'efface devant la compétence
de ce professeur au Collège de France. Quant aux archéologues,
ils se retranchent derrière le pouvoir politique national et local
qui a officialisé le site, mais les élus, quant à
eux, s'esquivent derrière ces spécialistes. Tout le monde
se défile, LE DIABLE SE MORD LA QUEUE !
Habitants d'Autun et de la Bourgogne, on vous
égare lorsque, dans le Bourgogne Magazine de janvier
97, on vous présente en première référence,
comme si elle avait été trouvée au mont Beuvray, la
statuette d'un personnage assis, alors que cet objet provient des fouilles
de Saint-Rémy-de-Provence. Et il faudrait avoir, au moins, l'honnêteté
de reconnaître que la plus grande partie des pièces de monnaie
découvertes sur le site remontent aux anciennes fouilles de Jacques-Gabriel
Bulliot et de Joseph Déchelette.
On vous bluffe, lorsque dans Le petit
futé de Saône-et-Loire, on vous affirme tout de go que
la coûteuse campagne de fouilles, toujours aussi intense (je
cite), étonnante (je cite toujours), a permis de mettre
à jour de superbes objets. Le journal de Saône-et-Loire
aurait-il manqué à son devoir élémentaire d'information
en ne vous présentant pas dans ces colonnes ces "superbes objets
de l'art celtique"?
HABITANTS D'AUTUN ET DE LA BOURGOGNE, ON VOUS
DOIT LA VÉRITÉ !
Lorsque, reprenant la thèse des archéologues,
le Bourgogne magazine précité vous dit que
le mont Beuvray et les montagnes environnantes, contrairement à
ce qu'ils sont à l'époque actuelle, devaient être entièrement
cultivés, la forêt étant alors complètement
absente, n'y aurait-il personne pour répondre que c'est absurde
et que vos ancêtres n'étaient pas idiots au point de chauler
des rochers et des pentes infertiles.
Idem, lorsqu'on veut vous faire croire que les
gisements d'amphores et de débris d'amphores témoignent de
l'importance des agglomérations gauloises alors que ce ne sont que
la trace de populations provisoirement regroupées ou de troupes
militaires qu'il a fallu ravitailler.
Idem, lorsqu'on vous affirme que le mont Beuvray
était la plaque tournante de la Gaule alors que toute l'histoire
prouve que c'était Chalon-sur-Saône qui tenait ce rôle.
Auriez-vous succombé aux slogans qui ne
veulent rien dire, tels que celui que M. Christian Goudineau, professeur
au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités
Nationales, a récemment asséné
à la fin d'un colloque à Lyon: Il n'y a jamais eu de patrie
gauloise»?
Est-il vrai que vous applaudissez aux discours
de ces nouveaux historiens qui ont la prétention de réécrire
notre histoire de France en dénigrant nos personnages historiques,
tels que Vercingétorix, ou en présentant la religion de nos
ancêtres sous un jour misérable et barbare, incapables qu'ils
sont d'interpréter les merveilleuses architectures et sculptures
de pierre que l'hellénisme et le judaïsme ont semées
dans notre pays?
Face aux errements de toutes sortes, face aux
dérives qui menacent notre démocratie, face aux oligarchies
et aux technostructures qui stérilisent notre pensée et qui
dépensent l'argent public sans rendre des comptes aux citoyens contribuables
que nous sommes, tournons-nous vers nos élus, de droite comme de
gauche, qui nous promettent la transparence. Dans ce cas d'école,
hautement symbolique, qu'est le scandale du mont Beuvray, mettons-les face
à leurs devoirs et à leurs responsabilités.
Madame le Ministre de la Culture, Mesdames et
Messieurs :
OÙ EST BIBRACTE ?
Si vous êtes d'accord avec moi, ne serait-ce
que sur cette question, merci
de me le faire savoir .
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